Le plaisir selon Freud

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Le plaisir selon Freud 2017-03-31T10:52:15+00:00

Le plaisir selon Freud

 

Une définition du plaisir selon Freud : « L’excitation initiale perçue comme désir, l’acte qui comporte un apaisement de la tension, la satiété qui annule l’excitation initiale et enfin le souvenir du plaisir qui est un investissement résiduel d’une trace mnésique ». On voit bien que cette description psychanalytique ne procède pas du même intérêt que celui qui habitait l’approche morale d’Aristote et de Saint Thomas. Il est cependant intéressant de souligner comment Freud articule « le plaisir » au « temps » puisque la préparation de ce plaisir, l’expérience immédiate du plaisir et la mémoire qu’on en garde sont intégrées à la compréhension du concept de plaisir.

La « recherche du plaisir » est le but de la vie, nous dit également Freud. Mais ce que Freud entend par plaisir n’a rien d’excitant. C’est tout simplement l’absence de souffrance, un état de quiétude qui nous rend suffisamment disponible pour penser, travailler et avoir de bonnes relations avec nos proches. Mais la tâche est éreintante, car notre moi subit en permanence les assauts du « ça », des pulsions qui réclament leur dû sans se soucier du bien et du mal. « Je veux ! » hurlent-elles en nous : « Je veux voir, toucher, prendre, aimer, être aimé, avoir, manger jusqu’à la nausée… »

Puis il y a le surmoi, ce juge intérieur qui nous pousse impitoyablement à faire plus, à faire mieux, à égaler nos idéaux : mission irréalisable naturellement. La satisfaction totale est donc impossible, le désir jamais comblé, d’où, forcément, frustration, dépression, névrose. Dès lors, on saisit mieux que cinq minutes sans trop de souffrance puissent rimer avec « plaisir »pour Freud.
En revanche la distinction entre principe de plaisir et principe de réalité et leur articulation montre combien une bonne structuration psychanalytique ou un bon rapport inconscient au plaisir permet et suppose un rapport au temps équilibré et ajusté. De fait, la substitution du principe de réalité au principe de plaisir ne signifie pas un découronnement du principe de plaisir mais sa sauvegarde. Un plaisir momentané au résultat incertain est abandonné, mais seulement en vue d’obtenir par une voie nouvelle un plaisir futur assuré. Cette remarque de Freud présente beaucoup d’intérêts. En effet, il n’y a pas opposition du principe de réalité au principe de plaisir mais articulation. Et même, le principe de réalité rend ce principe de plaisir en définitive possible. On est assez loin d’une image d’un plaisir à assouvir aussi vite que possible, de la culture de la non-frustration…
Freud aboutit alors à une vision de l’âge adulte comme une juste articulation de ces deux principes qui ne peut s’atteindre que dans la séparation avec les parents : ainsi le primat donné au principe de réalité sur le principe (primaire) du plaisir est l’apanage de l’adulte et Freud remarque que la suprématie du principe du plaisir ne peut cesser qu’avec un complet détachement mental des parents.

Dans «au delà du principe de plaisir» Freud note qu’il convient de différencier déplaisir et sentiment de tension (il existe des tensions plaisantes). «La sensation de tension ne serait-elle pas à mettre en rapport avec la grandeur absolue de l’investissement, éventuellement avec son niveau, tandis que la gradation plaisir-déplaisir indiquerait la modification de la quantité d’investissement dans l’unité de temps.»